MÉMOIRE

sur la découverte du

MAGNÉTISME ANIMAL

EN VOILA sans doute plus qu'il n'en falloit pour démontrer, sans replique, les avantages de ma méthode & j'avois lieu de me flatter que la conviction en seroit la fuite; mais les personnes qui m'avoient déterminé à entreprendre ce traitement, ne se sont point mises à portée d'en reconnoître les effets, & cela, par des confidérations & des motifs dont le détail seroit déplacé dans ce Mémoire.

Il eft résulté que les cures, n'ayant point été communiquées, contre mon attente, à des Corps dont la seule considération pouvoit fixer l'opinion publique, n'ont rempli que très-imparfaitement l'objet que je m'étois proposé & dont on m'avoit flatté ce qui me porte à faire aujourd'hui un nouvel effort pour le triomphe de la vérité, en donnant plus d'étendue à mes premières Assertions & une publicité qui leur a manqué jusqu'ici.

Quoiqu'il ne foit aucune de ces assertions fur laquelle mon observation constante, depuis douze ans, m'ait laissé de l'incertitude, je conçois facilement, d'après les principes reçus & les connoissances établies, que mon système doit paroître, au premier aspect tenir à l'illusion autant qu'à la vérité.

Mais je prie les perfonnes éclairées d'éloigner les préjugés, & de suspendre au moins leur jugement, jufqu'à ce que les circonstances me permettent de donner à mes principes l'évidence dont ils sont susceptib!es.

La considération des hommes qui gémissent dans les souffrances & le malheur, par la seule insuffisance des moyens connus est bien de nature à inspirer le desir, & même l'espoir d'en reconnoître de plus utiles.

Les Médecins, comme dépositaires de la confiance publique fur ce qui touche de plus près la conservation & le bonheur des hommes sont seuls capables, par les connoissances essentielles à leur état, de bien juger de l'importance de la découverte que je viens d'annoncer, & d'en présenter les suites.

Eux feuls, en un mot, font capables de la mettre en pratique.

L'avantage que j'ai de partager la dignité de leur profession ne me permet pas de douter qu'ils ne s'empressent d'adopter & de répandre des principes qui tendent au plus grand soulagement de l'humanité, dès qu'ils feront fixés par ce Mémoire, qui leur est essentiellement destiné, sur la véritable idée du MAGNÉTiSME ANIMAL.

FIN

Mémoire sur la Découverte du Magnétisme Animal

par Mesmer, Franz Anton (1734-1815)

Monographie imprimée, VI-85 p., [1] f. de pl. ; in-8, en français, à Genève; et se trouve à Paris, chez P. Fr. Didot le jeune. M. DCC. LXXIX (1779) - Domaine public.

Relation : gallica.bnf.fr